Nazca : des dessins faits pour être vus du ciel ?
Un colibri géant, un singe, une araignée, tracés dans le désert il y a deux mille ans. Pour les voir en entier, il faut monter dans un avion. Alors, pour qui ont-ils été dessinés ?
En bref
Lieu : Pampa de Nazca, sud du Pérou
Datation : Environ 500 av. J.-C. à 500 apr. J.-C.
Découverte récente : 303 nouvelles figures en six mois, grâce à l'IA
Total connu : Environ 430 figures avant l'étude
Dans le désert de Nazca, au sud du Pérou, des centaines de lignes, de trapèzes et de figures animales s'étendent sur des kilomètres. Quand les premiers aviateurs les ont survolés au XXe siècle, ils n'en ont pas cru leurs yeux.
Et l'histoire continue. En 2024, une équipe japonaise de l'université de Yamagata, épaulée par des chercheurs d'IBM, annonce 303 nouvelles figures découvertes en six mois. Une intelligence artificielle a passé au crible des images aériennes et signalé des formes candidates, vérifiées ensuite sur le terrain. On en connaissait environ 430 : le total a presque doublé.
Des tracés pour marcher et célébrer
La version officielle
Pour les archéologues, la culture Nazca a créé ces géoglyphes en retirant les cailloux sombres de la surface pour dégager le sol clair. L'étude de 2024 apporte un indice. Les petites figures, souvent des humains ou des animaux domestiques, sont proches d'anciens sentiers : elles étaient vues par des voyageurs. Les grandes figures d'animaux sauvages, elles, bordent les réseaux de lignes droites et auraient servi à des rituels collectifs, peut-être en marchant le long du tracé.
Des signaux vers le ciel
La piste alternative
En 1968, l'écrivain suisse Erich von Däniken popularise une autre idée : certaines lignes ressembleraient à des pistes d'atterrissage, et les figures seraient des signaux adressés à des visiteurs venus d'ailleurs. Les archéologues ont rejeté l'hypothèse, notamment parce que le sol meuble ne supporterait aucun atterrissage. Mais la question qu'il posait reste entière : pourquoi dessiner des figures si grandes qu'on ne les voit en entier que d'en haut ?
La mathématicienne Maria Reiche, qui a consacré sa vie au site, y voyait un gigantesque calendrier astronomique. Une idée moins en vogue aujourd'hui, mais certaines lignes pointent bel et bien vers des positions du soleil.
Ce qui reste inexpliqué
Comment les Nazcas ont-ils gardé des proportions aussi justes sur des dizaines de mètres, sans jamais voir l'ensemble ? Et combien de figures dorment encore sous les cailloux ? L'IA n'a sans doute pas dit son dernier mot.
Sources
Article publié en novembre 2026. Et vous, quelle lecture vous convainc ? Dites-le en commentaire.
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