top of page

Les pyramides n'ont pas d'âge

  • Photo du rédacteur: Maîtriser Ses Pensées
    Maîtriser Ses Pensées
  • 30 août 2020
  • 10 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juin 2022

La datation est un problème essentiel pour toutes les sciences du passé. Le sujet se pose avec d’autant plus d’acuité quand il s’agit de situer dans le temps la dernière des sept merveilles du monde antique encore visible.


Les égyptologues associent chaque pyramide d’Egypte à l’ère du pharaon ayant ordonné sa construction. La chronologie des pyramides d’Egypte, ces supposés tombeaux des rois antiques construits entre l’an 3200 et 1700 avant Jésus-Christ, nous est narrée au gré des dynasties et de l’apparition des pharaons qui ont pu améliorer progressivement leurs techniques de construction, et atteindre un point d’apogée avec les pyramides lisses de Gizeh.


Si les Egyptologues font coïncider la narration de la chronologie égyptienne avec les édifices monumentaux des pyramides pour des raisons de cohérence de leurs discours, aucune preuve matérielle et/ou scientifique probante ne permet de nous en convaincre tout à fait.


Dater un objet, le resituer au temps de sa création, l'élever parfois au rang de référent chronologique pour la datation d'autres œuvres stylistiquement comparables, est un acte important qui mérite la plus grande attention et de nombreuses vérifications.


Peut-être serait-il sage de considérer les faits pour ce qu’ils sont, et ceux-ci plaident manifestement pour distinguer les grandes pyramides d’Egypte de l’ère historique des pharaons. Il semble bien plus pertinent de se figurer que les Egyptiens ont bâti leurs constructions témoins de leurs mœurs et connaissances, autour de ces édifices gigantesques déjà présents.


Explications.


La science est aujourd’hui incapable de dater la pierre


Intéressons-nous aux méthodes employées par les égyptologues pour dater ces édifices calcaires, en prenant l’exemple de la pyramide de Khéops.


Le carbone 14 est l'outil de datation scientifique employé par les archéologues, considéré comme étant le plus fiable. Il permet de mesurer l'activité radiologique présente dans la matière organique qu'on cherche à dater. Cet isotope radioactif du carbone s'accumule dans les organismes jusqu'à leur mort. La décroissance du carbone 14 étant connue (le nombre d'atomes est divisé par deux au bout de 5 730 ans), l'âge de l'échantillon peut être établi.


Depuis son développement à la fin des années 1940, cette méthode de datation permet d’enrichir nos connaissances historiques, notamment en archéologie.


Seulement, le carbone 14 peut être utilisé uniquement sur des matières organiques, c’est-à-dire sur la matière fabriquée par les êtres vivants : les végétaux, les animaux, les champignons ou d’autres décomposeurs comme les micro-organismes.


La méthode du carbone 14 nécessite donc de disposer de matières organiques à dater, ce qui n’est pas le cas pour les édifices en pierre. Ainsi, on ne peut donc pas dater une pièce de monnaie, une poterie, une cathédrale (à moins que celle-ci ait été construite avec des poutres en bois), et encore moins des bâtiments érigés intégralement en pierres de calcaire blanc comme c'est le cas pour les pyramides d'Egypte. Il est possible en revanche de dater des peintures préhistoriques sur les roches si celles-ci contiennent de la matière organique (au risque néanmoins de les détériorer en procédant à des prélèvements d’échantillons).


C'est d'ailleurs cette méthode qui a été utilisée récemment pour préciser la chronologie de l’histoire antique égyptienne, qui demeure encore sujette à de nombreuses incertitudes.


Djoser, Teti, Khephren, Ounas, Mentouhotep II Ahmosis, Amenhotep I, Thoutmosis III Hatshepsout, Toutankhamon, Horemheb, Ramses… La liste des pharaons et des reines ayant régné sur l'Égypte ancienne entre le troisième et le premier millénaire avant notre ère est très longue. Attribuer à chacun des dates de règne précises est un exercice difficile, même pour les spécialistes. La chronologie des dynasties fait l'objet de discussions parmi les égyptologues.


C'est pourquoi, sous la direction de Christopher Bronk Ramsey, de l'Université d'Oxford, une équipe de chercheurs israéliens, français, britanniques et autrichiens a travaillé trois ans durant pour réduire ces désaccords en utilisant la datation par le carbone 14. Les ajustements des chercheurs par rapport à l’histoire rapportée par les archéologues sont modestes mais il s’agit tout de même d’un exploit de confirmer et préciser l'équivalent de 100 ans de recherches archéologiques en seulement 3 ans.

L’équipe a utilisé des objets conservés dans les départements d'antiquités égyptiennes de musées américains ou européens. Graines, paniers, textiles, plantes ou fruits ; ce sont au total 211 échantillons végétaux découverts dans des tombes égyptiennes qui ont été choisis afin de pouvoir établir une datation au carbone 14. La chronologie obtenue par l'équipe de Bronk Ramsey, publiée par la revue Science, ne bouleverse pas l'histoire de l'Égypte antique mais permet de situer des intervalles de temps avec plus de précision.


Rappelons que l'histoire égyptienne se divise en trois grandes ères historiques – l'Ancien Empire (qui a débuté vers 2 700 avant notre ère), le Moyen Empire (depuis 2 050 environ) et le Nouvel Empire (depuis 1 550 avant notre ère) –, séparées par des « périodes intermédiaires ».


Ainsi, pour l'Ancien Empire, la précision moyenne des dates issue de l'équipe de Ramsey est de 76 ans, pour le Moyen Empire de 53 ans et pour le Nouvel Empire de 24 ans. Pour autant, tous les points d'interrogations ne sont pas levés d'un seul coup. Faute d'échantillons, certaines périodes sont absentes de cette nouvelle chronologie.


Mais si ce type de travaux permettent de préciser la chronologie historique de l’antiquité égyptienne, cela ne nous donne toujours pas d’indication quant à la date de construction des pyramides.

Comment les égyptologues datent-ils alors les édifices calcaires ?


L'étude historique d'une société antique peut aussi se faire à l’aide de sources indirectes, dites « iconographiques ». Un document iconographique est une image qui représente, à travers le visuel, des renseignements sur la société qui a produit l'œuvre. Qu'il s'agisse d'un détail d’une céramique ou d’une poterie ou encore de hiéroglyphiques et cartouches (symboles hiéroglyphiques contenant le nom d’un pharaon), les éléments iconographiques sont largement utilisés comme des repères historiques et permettent de proposer des « fourchettes » chronologiques.


Cette méthode de « datation stylistique » reste très faiblement documentée et s’apparente plus à l’histoire de l’art qu’à une démarche scientifique. La description la plus aboutie reste celle proposée par Nadine Cherpion en 1998 dans son ouvrage « Mastabas et hypogées d'Ancien Empire. Le problème de la datation ». 64 critères de datation déductive y sont répertoriés, chacun avec sa liste de monuments à noms royaux, dont on ne retient que le plus récent par monument. L'auteur précise que chaque critère apparaît en association avec des cartouches qui se succèdent généralement rigoureusement dans le temps, ce qui permet d'en déterminer la « durée de vie » et, ce faisant, par leur combinaison, de réévaluer la datation des monuments sur lesquels ils apparaissent.


Le discours de l’égyptologie


Ainsi, l'histoire des pyramides nous est contée à la faveur de l’évolution des techniques architecturales qui auraient accompagné les avancées culturelles et politiques de la société égyptienne.


Avant les pyramides, il y avait les premières sépultures égyptiennes dites « mastabas » dont les constructions ont évolué depuis la fin de la période néolithique jusqu’à la période pré-dynastique (de 6 000 à 2 630 avant Jésus-Christ). Au début, il ne s'agissait que de simples alignements de pierres délimitant le corps d'une personne puis les mastabas sont devenus des constructions rectangulaires aux murs de briques crues ou de pierres taillées, d'abord droits, puis légèrement inclinés vers l'intérieur comme la base d'une pyramide. Une porte donne accès à une chapelle funéraire. Sur le mur, face à la porte, est gravée une fausse porte qui mène symboliquement vers le royaume des morts pour faciliter le retour du défunt dans le royaume des vivants. Un puits, partant du sommet du mastaba, s'enfonce dans le sol jusqu'à plus de vingt mètres de profondeur selon l'importance du dignitaire et donne sur la chambre funéraire où repose le défunt dans son sarcophage.


Exemple du mastaba de Faraoun


Les premières pyramides à degrés apparaissent entre 2 630 et 2 560 avant Jésus-Christ. Lorsque le pharaon Djéser prit le pouvoir sur le trône de l'Egypte antique, il fonda la IIIe dynastie, et sans le savoir, l'Ancien Empire. Djéser commença son règne par un déplacement de sa capitale de This à Memphis et lança des expéditions militaires visant des ressources minières parfois éloignées : Nubie, Lybie, Asie, le Sinaï aussi. Il fit fortifier les frontières en plaçant des garnisons sur place et se mit à exploiter les ressources des territoires nouvellement conquis.


La première pyramide est celle de Djéser, au début de la IIIe dynastie et de l'ancien empire. Elle se situe à Saqqarah, suite au transfert de la nécropole royale d'Abydos vers ce site. Ce pharaon bénéficie d'une période de prospérité due à des conquêtes militaires qui lui ont permis de dominer des territoires sur lesquels se trouvaient des carrières de pierres précieuses, de métaux ou de calcaire. Avec une population nourrie correctement et des techniques avancées pour l'époque, le pharaon pu faire construire son tombeau comme le faisaient ses prédécesseurs, mais un événement original eut lieu. Le pharaon fit modifier son mastaba, sur proposition de son architecte, un certain Imhotep.


Imhotep était médecin, architecte et conseiller du pharaon. C'est lui qui organisa le chantier et s'assura que le mastaba fut correctement réalisé, mais une fois que ce fut le cas, il le fit agrandir une première fois, puis une seconde avec l'ajout, en plus, de nouvelles galeries souterraines. Ensuite, il fit construire une pyramide à degrés au-dessus, pyramide qui sera encore une fois agrandie pour arriver au résultat final : une magnifique pyramide à degrés qui est toujours en place de nos jours, quoi qu'un peu dégradé.


La pyramide de Djéser


Puis, la construction des pyramides de Dahchour sous le règne du pharaon Snéfrou a été une expérience d'apprentissage extrêmement importante pour les Égyptiens. Elle leur a permis d'acquérir les connaissances et le savoir-faire nécessaires pour passer d'une pyramide à degrés, telle que celle de Djéser, à une pyramide à faces lisses.


La première des pyramides de Dahchour fut la pyramide rhomboïdale, construite sous le règne du roi Snéfrou. La pyramide rhomboïdale fut la première tentative de construction d'une pyramide lisse, mais s'avéra être un échec en raison des mauvais calculs effectués sur le poids structurel qui était placé sur le sol mou (sable, gravier et argile) qui avait tendance à s’affaisser. D'autres calculs qui se sont avérés erronés étaient que les blocs utilisés étaient coupés de telle manière qu'une fois placés sur la pyramide, leur poids n'était pas réparti correctement, ce qui provoquait l'angle de la pyramide à l'arrêt donc son nom.


La pyramide rhomboïdale


Peu après la mort du roi Snéfrou, son fils et successeur le roi Khéops décida de construire sa propre pyramide. En utilisant les connaissances acquises grâce à la construction des pyramides de Snéfrou, les architectes de Khéops, dont le fameux Hémiounou, ont pu réaliser à Gizeh le plus grand tombeau égyptien que l'on nomme aujourd'hui la Grande Pyramide.


La pyramide de Khéops


L’exemple de la datation de la pyramide de Kheops


Khéops (ou Khoufou en égyptien) est le nom du deuxième pharaon de la IVe dynastie de l’antiquité égyptienne. Alors même qu’il a laissé son nom à la plus célèbre pyramide au monde, on ignore presque tout de ce personnage. Hormis les récits d'Hérodote parfois un peu fantaisistes, aucun document important identifiant Khéops avec certitude ne nous est parvenu, si ce n'est une petite statuette en ivoire de 8 cm de haut...



Si les archéologues attribuent la grande pyramide de Gizeh au règne du pharaon Kheops, les références textuelles ou iconographiques sont pourtant particulièrement minces.


Trois arguments sont traditionnellement avancés:


1. Les textes historiques anciens associaient la Grande pyramide à Kheops. Il s’agit d’Hérodote (historien grec du Vè siècle avant Jésus-Christ), de Manéthon (historien égyptien du IIIè siècle avant Jésus-Christ repris dans plusieurs textes grecs) et de Diodore de Sicile (historien grec du Ier siècle avant Jésus-Christ). Bien sûr, les égyptologues considèrent ces textes avec beaucoup de recul du fait de leurs nombreuses erreurs, Diodore indiquant par exemple que les pierres utilisées provenaient d’Arabie quand on sait qu’elles proviennent en quasi-totalité d’une carrière située sur le plateau de Gizeh.


2. Le nom de Khéops apparaît dans de nombreuses tombes des nécropoles de Gizeh appartenant à des dignitaires de son règne.


3. Le cartouche de Khéops est présent, ainsi que celui de son fils Djédefrê, dans la deuxième fosse à barque de Khéops ouverte en 2011.

En effet, de grandes fosses rectangulaires ont été découvertes en 1954 sous les débris de l’enceinte sud de la pyramide, contenant pour deux d’entre elles des navires composés en bois d’acacia et de cèdre, de plus de 40 mètres de long. Ces navires font toujours l’objet de nombreuses interrogations quant à leurs significations religieuses.


De nombreux graffitis figurent sur les parois de la fosse et mentionnent le nom du successeur et fils de Khéops, Djédefrê. Les égyptologues considèrent que Djédefrê organisa les funérailles de son père et fut responsable de l'achèvement de son complexe funéraire.


En conclusion


Ces observations paraissent extrêmement faibles et peu convaincantes pour dater l’un des joyaux de l’Antiquité, ne trouvez-vous pas ?


Si la pyramide de Kheops est effectivement le tombeau du célèbre pharaon, destiné à accueillir son corps momifié pour l’éternité et aider son âme à poursuivre son voyage dans l’autre monde, où se trouve-t-il ? Les pilleurs me direz-vous. Mais comment expliquer également qu’il n’existe aucune trace de momie, de sarcophage ni même de cartouche du pharaon dans la pyramide qui lui est attribuée ?


Prenons quelques exemples au sein de la nécropole de Gizeh car le complexe funéraire de Khéops n'est pas composé que de la seule Grande Pyramide.


Il semblerait logique d'y retrouver des éléments iconographiques semblables au sein de ce même complexe funéraire. Pourtant, on ne parvient pas tout à fait à réconcilier les éléments architecturaux supposés être de l’époque de Khéops.


Le cimetière Est par exemple, un lieu sobre constitué de modestes tombes, qui tire son nom de son emplacement par rapport à la pyramide de Khéops et qui accueille les tombeaux des personnages les plus éminents de l'époque du pharaon. Y sont enterrés entre autres Hétep-Hérès Ire (la mère de Khéops), Mérititès Ire (son épouse) et ses enfants. Khéops aurait donc choisi d'enterrer ses proches dans de simples mastabas à la construction étonnamment rudimentaire, alors qu'il était capable de commander la construction et l'achèvement d'un des plus beaux joyaux de l'humanité?


Les mastabas du cimetière Est de la nécropole de Gizeh

D’autant qu’il faut rappeler ce qu’il se trouve à l’intérieur de la pyramide de Khéops, monument bien plus énigmatique qu’on aime à croire. Obscure, sombre, sans écritures hiéroglyphiques, la Grande pyramide est composée de quelques passages étroits et durs d’accès. Il est d'ailleurs impossible d’y déposer un sarcophage dont la dimension est plus large que l’entrée de la pyramide. En résumé, l’intérieur de la pyramide de Khéops, par son étonnante austérité, se distingue singulièrement des décorums des édifices funéraires de l’Antiquité égyptienne.


Voici en guise d’illustration à l’intérieur de la pyramide de Khéops la « chambre du roi » où seul trône un bloc de pierre creux, mystérieux, qui peut laisser envisager des interprétations infinies (aucun sarcophage n’y a jamais été retrouvé) et dont les murs de la chambre sont composés on-ne-peut-plus sobrement de pierres de calcaire lisses. Aucun indice quant à une interprétation iconographique n’y est laissée.


La chambre du roi

Et voici une photo de la grande galerie menant à la chambre du roi. Cette image montre toute l’étroitesse et la difficulté d’accès de cette pyramide. Une nouvelle fois, aucun hiéroglyphe ni aucune iconographie de quelque sorte ne nous laisse la possibilité d’un indice de datation de cette magistrale construction calcaire.


Photo de la grande galerie


En résumé, si les Egyptologues font coïncider la narration de la chronologie égyptienne avec les édifices monumentaux des pyramides pour des raisons de cohérence de leurs discours, aucune preuve matérielle et/ou scientifique probante ne permet de nous en convaincre tout à fait.


Dater un objet, le resituer au temps de sa création, l'élever parfois au rang de référent chronologique pour la datation d'autres œuvres stylistiquement comparables, est un acte important qui mérite la plus grande attention et de nombreuses vérifications.


Peut-être serait-il sage de considérer les faits pour ce qu’ils sont, et ceux-ci plaident manifestement pour distinguer les grandes pyramides d’Egypte de l’ère historique des pharaons. Il semble bien plus pertinent de se figurer que les Egyptiens ont bâti leurs constructions témoins de leurs mœurs et connaissances, autour de ces édifices gigantesques déjà présents.


Comme un ultime pied de nez au monde moderne, les pyramides d’Egypte échappent au principal outil de datation des archéologues.

Les bâtisseurs utilisent le nombre d'or depuis l'Antiquité

LA DEFINITION DU NOMBRE D'OR
 

LE NOMBRE D'OR DANS LA PYRAMIDE D'EGYPTE
 

UNE CHAMBRE SECRETE A DECOUVRIR

Envie de contribuer? Contactez-nous

Merci!

© 2023 by Train of Thoughts. Proudly created with Wix.com

bottom of page